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Les laboratoires

Recherche

Les laboratoires

L'activité Recherche de la Faculté est assurée par nos 5 laboratoires situés à la Maison des Sciences Humaines et coordonnée par Hervé GUILLEMAIN (Herve.Guillemain @ univ-lemans.fr )en qualité de responsable Recherche.

 

Découvrez ci-dessous nous 5 laboratoires:

3L.AM - Langues, Littératures, Linguistique des Universités du Mans et d’Angers

Le laboratoire 3L.AM est un des plus importants laboratoires en sciences humaines et sociales des Pays de la Loire.

L’équipe rassemble civilisationnistes, littéraires, philosophes, linguistes, spécialistes de cinéma, de nouvelles technologies et plus largement d’humanités numériques. Différentes époques, aires géographiques et culturelles sont étudiées.

Les travaux de recherche menés sur la littérature d’enfance et de jeunesse ainsi que sur les pratiques de lecture, de l’imprimé au numérique, sont reconnus au plan national et international.

 

109 personnes dont :

  • 56 chercheurs et enseignants-chercheurs | 35 au Mans | 21 à Angers
  • 37 doctorants

 

Partenariats
Organisation de colloques, journées d’étude, conférences, expositions, en partenariat avec des lieux culturels ou établissements publics et privés :

- au Mans : la Ville du Mans (services culturels, Médiathèque Louis Aragon : fonds patrimoniaux), Les cinéastes, théâtres L’Espal et La Fonderie, Le Carré Plantagenêt, la Bibliothèque Universitaire, la Maison des Sciences Humaines du Mans,...
- à Angers : Les 400 coups, le Musée des Beaux-Arts, théâtre Le Quai,...

Partenariats avec la Région Pays de la Loire.

 

Publije, revue de critique littéraire en ligne, fondée à l’initiative d’enseignants-chercheurs du Mans. revues.univ-lemans.fr

 

 

Directrice : Delphine LETORT | Delphine.LETORT @ univ-lemans.fr

Plus d'infos :
Consulter le site web du 3L.AM

CReAAH - Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire - UMR CNRS 6566

L’archéologie (archaia) et l’histoire (historiè) sont les sciences qui étudient le passé. Elles ont été forgées et pratiquées au Vème siècle av J.-C. par Hérodote et Thucydide.

Elles cherchent à comprendre les sociétés humaines anciennes grâce aux vestiges matériels, artefacts ou écofacts, et aux documents textuels et figurés. Ces connaissances permettent de porter un regard distancié et explicatif sur les sociétés actuelles.

Le laboratoire étudie les sociétés de l’Antiquité et du Moyen Âge et aborde plus particulièrement les thématiques des paysages et de l’environnement, de la colonisation et des échanges, des identités culturelles et sociales.

 

140 personnes dont :
77 chercheurs et enseignants-chercheurs | 6 au Mans
30 doctorants | 10 au Mans
33 personnels administratifs et techniques | 3 au Mans

 

Partenariats

  • Coopérations étroites avec d’autres laboratoires français, européens et internationaux, notamment en Italie, Roumanie, Grèce, Israël, Maroc, Australie et Espagne.
  • Partenariats étroits avec les Directions des Affaires Culturelles, les services Régionaux de l’Archéologie, les services Patrimoine, Culture et Archéologie des collectivités territoriales, notamment de la France de l’Ouest, l’INRAP, l’ADRAMAR, les entreprises privées d’archéologie (Archeodunum, Dendrotech, Evéha, Hadès), l’ONF, les parcs naturels de Normandie-Maine et des Baronnies provençales, les écoles françaises à l’étranger.

 

Tachéomètre à laser robotisé, anthracothèque atlantique et méditerranéenne.
Le positionnement scientifique du laboratoire est situé à l'interface des SHS et des sciences biologiques, chimiques, physiques de la terre pour développer les archéociences.
Les projets menés ont un ancrage territorial fort (Enceinte antique du Mans, fortifications médiévales mainiotes, habitat et activités en forêt de Perseigne/Bercé).

 

UMR CNRS 6566
Directrice : Marie-Yvane Daire (Université de Rennes 2)
Responsable du site du Mans : Aline Durand | aline.durand @ univ-lemans.fr

Plus d'infos :
Consulter le site web du laboratoire Creaah

CREN - Centre de Recherche en Education de Nantes

Le site CREN Le Mans réunit des chercheurs en sciences du langage spécialistes de didactique des langues, Français langue étrangère, sociolinguistique, en informatique, en sciences de l’éducation et en sciences de l’information et de la communication.

 

Les chercheurs sont impliqués dans les thèmes de recherche liés à l’innovation en éducation, numériques ou non : appropriation, diffusion et analyse des  nouveaux dispositifs de formation, à l’appui de démarches relevant d’éducation bi-plurilingue.

 

28 personnes dont :
17 chercheurs et enseignants-chercheurs | 15 au Mans et 2 à Laval
1 professeur Émérite
9 doctorants
1 personnel administratif

 

Partenariats
Collaborations avec des entreprises : ST Microelectronics,  SOA/SARP, AFaLaC,...

 

Les membres du laboratoire ont développé d’importantes relations avec les acteurs de l’Éducation Nationale, notamment dans le cadre du programme liaison Bac-3 / Bac+3

 

Responsables du site du Mans : Omar ZANNA l Omar.Zanna @ univ-lemans.fr

Plus d'infos :
Consulter le site web du CREN

ESO - Espaces et Sociétés - UMR CNRS 6590

Le laboratoire regroupe des géographes, des aménageurs et des chercheurs d’autres disciplines (sociologie, psychologie environnementale, info-com, architecture et urbanisme).

Depuis son ancrage historique en géographie sociale, le projet scientifique de l’UMR ESO s’est élargi à la dimension spatiale des rapports sociaux et à l’étude des inégalités sous toutes leurs formes, à partir de l’ensemble des disciplines représentées au sein du laboratoire.

L’objectif scientifique est de contribuer à l’appréhension et la compréhension de la dimension spatiale des sociétés.

 

280 personnes dont :
120 chercheurs et enseignants-chercheurs | 17 au Mans
130 doctorants | 22 au Mans
20 personnels administratifs et techniques | 4 au Mans

 

Partenariats
Le Mans Métropole, Syndicats mixtes de Pays (Le Mans, Haute Sarthe), Syndicats mixtes de Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Mayenne, Sarthe amont, Huisne), Pôle d'équilibre territorial et rural du Perche, Direction Départementale des Territoires (Sarthe, Mayenne), Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement, Chambres consulaires, Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie, Agence française de développement, Entreprises de traitement – gestion des déchets, de distribution
et promotion commerciales, entreprises et bureaux d’études en aménagement (Eiffage, SETEC).
Les collaborations à l’international sont particulièrement dynamiques avec la Tunisie, le Cameroun, l’Algérie, le Maroc, le Brésil, le Canada et la Chine.

 

  Équipements : deux drones immatriculés au CNRS et un traceur A0

- Pluridisciplinarité : Géographie, aménagement, sociologie, psychologie environnementale, info-com, architecture et urbanisme

- De l’ancrage territorial local à l’aide au développement international

 

UMR CNRS 6590
Directrice : Emmanuelle Hellier (Université Rennes 2)
Administrateur provisoire : François LAURENT (Francois.Laurent @ univ-lemans.fr)

Plus d'infos :
Consulter le site web du laboratoire ESO

La piqûre de rappelSaison 1

Le département d'Histoire de Le Mans Université lance sa toute nouvelle série de podcasts dédiée à l’histoire de la santé.
Une façon différente d'appréhender les faits marquants de l’histoire de la santé, les maladies, les pratiques de soin,... Tous ces sujets sont abordés sous un angle historique et politique et remis dans le contexte actuel.

 

Épisode #3 | Les patients savent-ils quelque chose ?

Que révèle l'histoire sur l'équilibre de la relation entre soignant et soigné  ?

Entretien de Thomas Lebouc avec Alexandre Klein (historien et philosophe, Université d'Ottawa - Canada) qui retrace la longue histoire des patients et particulièrement celle des années 1980, époque durant laquelle les patients atteints du SIDA ont revendiqué une nouvelle place dans cette relation.

Depuis le 19ème siècle les médecins ont acquis le monopole dans la relation entre soignant et soigné. C'est une épidémie qui a bouleversé ce rapport de force dans les années 1980, le SIDA.

Écouter le podcast

 

Épisode #2 | Pourquoi les épidémies sont-elles l’objet de controverses ?

Voilà un sujet qui est des plus actuel !

Simon Peverelli s'entretient avec l'historien Paul-Arthur Tortosa et revient sur ces enjeux en retraçant l'histoire de la fièvre jaune dans l'Italie du début du 19e siècle. 

Les épidémies suscitent souvent des controverses, pas uniquement dans le monde savant et sur le plan sanitaire, mais aussi de nature politique et économique.

Écouter le podcast

 

Épisode #1 | Désert médical

Une histoire de l'accès aux soins.

Salwan Bendriss s'entretient avec l'historien Olivier Faure, spécialiste de la santé, pour comprendre pourquoi on parle aujourd’hui de “désert médical”.

Aujourd’hui la France compte de nombreux espaces considérés comme des déserts médicaux. Ce phénomène n’est pas lié à la France d’aujourd’hui puisqu'il était déjà présent au 19ème siècle, l'époque des officiers de santé.

Écouter le podcast

 

 

[re]Découvrez DicoPolHis !
Dictionnaire Politique d'Histoire de la Santé

«Urgence», «Aérobic», «Ménopause», «Associations»... Le point commun entre tous ces termes? Leur présence au sein de «Dicopolhis», un dictionnaire politique de l’histoire de la santé mis en ligne par Le Mans Université. Ce site web collaboratif a pour vocation de devenir une référence dans le milieu des historiens de la santé.

La piqûre de rappel Saison 1

Le département d'Histoire de Le Mans Université lance sa toute nouvelle série de podcasts dédiée à l’histoire de la santé.
Une façon différente d'appréhender les faits marquants de l’histoire de la santé, les maladies, les pratiques de soin,... Tous ces sujets sont abordés sous un angle historique et politique et remis dans le contexte actuel.

 

Épisode #4 | Mal parler, est-ce une maladie ?

Comprendre comment Mal parler est devenu une maladie.

Hervé Guillemain s'entretient avec l'historienne Camille Jaccard autour de cette question. 
A la fin du XIXe siècle le médecin Georges  Gilles de la Tourette décrit des maladies nerveuses qui s’accompagnent de propos injurieux et de tics langagiers. On a fini par donner son nom à ce syndrome. 

Gilles de la Tourette parlait notamment de coprolalie pour désigner la tendance à s’exprimer à travers des obscénités répétitives.

Écouter le podcast

 

Épisode #3 | Les patients savent-ils quelque chose ?

Que révèle l'histoire sur l'équilibre de la relation entre soignant et soigné  ?

Entretien de Thomas Lebouc avec Alexandre Klein (historien et philosophe, Université d'Ottawa - Canada) qui retrace la longue histoire des patients et particulièrement celle des années 1980, époque durant laquelle les patients atteints du SIDA ont revendiqué une nouvelle place dans cette relation.

Depuis le 19ème siècle les médecins ont acquis le monopole dans la relation entre soignant et soigné. C'est une épidémie qui a bouleversé ce rapport de force dans les années 1980, le SIDA.

Écouter le podcast

 

Épisode #2 | Pourquoi les épidémies sont-elles l’objet de controverses ?

Voilà un sujet qui est des plus actuel !

Simon Peverelli s'entretient avec l'historien Paul-Arthur Tortosa et revient sur ces enjeux en retraçant l'histoire de la fièvre jaune dans l'Italie du début du 19e siècle. 

Les épidémies suscitent souvent des controverses, pas uniquement dans le monde savant et sur le plan sanitaire, mais aussi de nature politique et économique.

Écouter le podcast

 

Épisode #1 | Désert médical

Une histoire de l'accès aux soins.

Salwan Bendriss s'entretient avec l'historien Olivier Faure, spécialiste de la santé, pour comprendre pourquoi on parle aujourd’hui de “désert médical”.

Aujourd’hui la France compte de nombreux espaces considérés comme des déserts médicaux. Ce phénomène n’est pas lié à la France d’aujourd’hui puisqu'il était déjà présent au 19ème siècle, l'époque des officiers de santé.

Écouter le podcast

 

 

[re]Découvrez DicoPolHis !
Dictionnaire Politique d'Histoire de la Santé

«Urgence», «Aérobic», «Ménopause», «Associations»... Le point commun entre tous ces termes? Leur présence au sein de «Dicopolhis», un dictionnaire politique de l’histoire de la santé mis en ligne par Le Mans Université. Ce site web collaboratif a pour vocation de devenir une référence dans le milieu des historiens de la santé.

Les voyages du tatou dans les sciences et par les mers

Tatou à trois bandes du Sud (Tolypeutes matacus) musée Vert, Le Mans, France MHNLM 2003.28.200. Musées du Mans Dans les réserves du muséum d’histoire naturelle du Mans (musée Vert) se trouve un étrange animal venu du passé. Il porte une étiquette ancienne et figure parmi les objets les plus anciennement présents dans les collections du Mans. Il ne s’agit pas d’un pangolin, dont nous avons tous entendu parler dernièrement, mais d’un autre mammifère singulier, le tatou, qui a connu son heure de gloire dans le passé. Il a encore fait la une, il y a peu, comme mascotte du Mondial de football 2014 au Brésil.

Cet animal américain, bien différent de la faune connue en Europe, a suscité la curiosité des Occidentaux dès sa découverte à l’époque moderne et a figuré dans la plupart des cabinets de curiosité. Des travaux nombreux existent sur sa place dans les collections, sur les manières dont les savants occidentaux l’ont interprété, sur ses représentations comme emblème des Amériques, de même que sur son utilisation pour fabriquer des remèdes dans la médecine de la Renaissance (par exemple Egmond et Masson 1994 ; López Piñero 1991.

Ce spécimen de musée raconte plusieurs histoires de voyages et de sciences et permet de présenter des recherches réalisées dans le cadre du projet européen SciCoMove. Scientific Collections on the Move.

Maarten de Vos, « America », série Les quatre continents, 1600 (graveur Adriaen Collaert). Wikimedia 

 Des spécimens recherchés, qui voyagent facilement

À l’époque moderne, la curiosité suscitée par le tatou en fait un animal recherché par tous ceux qui rassemblent une collection. Une de ses caractéristiques est qu’il est facile à conserver une fois mort, contrairement à d’autres mammifères des mêmes contrées. Les plaques osseuses qui le couvrent peuvent être facilement préparées et transportées sur de longues distances.

Pour ces raisons, de nombreux tatous ont voyagé post-mortem, dès le 16e siècle, en suivant les circuits commerciaux des puissances européennes depuis leurs zones d’influence (ou leurs colonies) jusqu’aux métropoles.

Le tatou est alors recherché à cause de ses particularités zoologiques, mais aussi parce qu’il symbolise une nature américaine exotique et lointaine. Posséder un spécimen dans sa collection permet d’y présenter cette partie du monde et de manifester le prestige ou la fortune de son propriétaire, capable de se procurer des objets rares et venus de loin. Beaucoup de cabinets de curiosité en possèdent.

Le spécimen du Mans provient ainsi de la collection de Louis Maulny (1758-1815), naturaliste manceau qui l’a probablement acheté dans un commerce d’histoire naturelle parisien. Sa collection, acquise par le département de la Sarthe en 1816 après la mort de son propriétaire, a enrichi les fonds du musée du Mans, ouvert au public depuis 1799.

D’abord conservés dans des collections privées ou royales, de nombreux spécimens ont ensuite intégré des fonds publics. Le spécimen du musée Vert témoigne ainsi, après son voyage transatlantique dont nous ne savons rien, d’un autre voyage, d’une collection à l’autre, lorsqu’il intègre le musée de la ville du Mans au début du XIXe siècle. Beaucoup de tatous sont désormais conservés dans les musées de sciences naturelles, en majorité créés dans les pays occidentaux entre la fin du XVIIIe et la fin du XIXe siècle. Le musée Vert du Mans possède ainsi quatre autres spécimens, dont trois ont été collectés dans l’actuelle Guyane française.

 Des vitrines des musées aux réserves

Au sein de ces musées, les tatous ont aussi pu voyager. En effet, l’histoire de ces institutions est longue et complexe et les spécimens peuvent y changer de signification et d’importance.

Dans les musées qui présentent la faune mondiale, le tatou reste une pièce centrale des vitrines consacrées aux Amériques. Mais il n’est plus seulement un emblème d’exotisme et un symbole de l’histoire particulière de la nature américaine, distincte de celle du vieux monde. Il est intégré dans un discours sur la biodiversité et sur les dangers qui la menacent.

Si le tatou à neuf bandes est actuellement en expansion dans le sud-est des États-Unis, d’autres espèces sont au contraire considérées comme menacées, tel le tatou géant (Priodontes maximus). Certains musées pour leur part ont évolué dans une autre direction, en se recentrant sur l’histoire naturelle locale. Au Mans, l’établissement créé à la fin du XVIIIe siècle s’est scindé en plusieurs musées plus spécialisés. Les collections d’histoire naturelle, d’archéologie et de beaux-arts ont été séparées. Le musée Vert du Mans présente désormais, dans ses salles d’exposition permanente, la biodiversité locale, si bien que le tatou de la collection Maulny est actuellement relégué dans les réserves. Il en ressortira toutefois dans les prochaines années et figurera dans un parcours permanent dédié aux cabinets de curiosité.

 Les voyages du tatou dans les classifications zoologiques

Étiquette ancienne du tatou à trois bandes du Sud (Tolypeutes matacus) musée Vert, Le Mans, France MHNLM 2003.28.200. Musées du MansL’étiquette ancienne du spécimen du musée Vert raconte encore un autre déplacement. Les tatous constituent en effet une famille comportant de nombreuses espèces réunies en plusieurs genres et ont posé des problèmes de classification depuis leur découverte. 

Outre une appellation en français « Apar à trois bandes », cette étiquette propose deux noms latins : « Dasypus tricinctus, Linn » et « Tolypeutes tricinctus (Illiger) ». Ces identifications renvoient à deux systèmes concurrents de classification des mammifères. La première se réfère à Carl von Linné (1707-1778), naturaliste suédois du XVIIIe siècle, célèbre pour avoir inventé la nomenclature latine binominale moderne. Il a repris à Clusius (Charles de l’Écluse, 1526-1609), le nom de « Dasypus » pour désigner les tatous comme genre.

Le deuxième nom est proposé par Johann Karl Wilhelm Illiger (1775-1813), conservateur du Musée zoologique de Berlin après sa création en 1810. Celui-ci a proposé en 1811 une révision de la systématique des mammifères et des oiseaux, en donnant une nouvelle importance à la « famille », au-dessus du genre et de l’espèce privilégiés par Linné. Il donne ainsi un nom à la famille à laquelle appartiennent les tatous, « Cingulata » (de cingulum, ceinture en latin), puis les distingue en deux genres « Tolypeutes » et « Dasypus », classant le tatou à trois bandes dans le premier.

Les deux noms qui figurent sur l’étiquette témoignent ainsi des débats sur la classification des espèces qui animent les milieux naturalistes au début du XIXe siècle. Au moment où le tatou intègre les collections du musée Vert, en 1816, les conservateurs hésitent entre deux manières de classer les mammifères. Grâce à sa formule dentaire, il est maintenant identifié comme appartenant à l’espèce Tolypeutes matacus ou Tatou à trois bandes du Sud.

 Le tatou mort et le tatou vivant

Si le tatou naturalisé est présent dans de très nombreuses collections particulières ou étatiques depuis la Renaissance, le tatou vivant a aussi voyagé dans l’espace et dans les sciences. À partir du XIXe siècle, il est présent dans les parcs zoologiques qui jouent un rôle important pour la connaissance et l’étude de la nature.

W. Buckland, Geology and Mineralogy considered with reference to Natural Theology, London, 1836, vol. 2, pl. 5. sourceLe tatou vivant a notamment permis de penser, par comparaison, un animal fossile géant, le Glyptodon, qui devient emblématique de la richesse et de l’étrangeté des faunes de mammifères géants fossiles sud-américains au XIXe siècle.

En 1788, les ossements d’un animal géant inconnu sont découverts dans l’actuelle Argentine et envoyés à Madrid, avant d’être identifiés en 1796 par le naturaliste français Georges Cuvier comme appartenant à un genre disparu, qu’il nomme Mégathérium. Au début du XIXe siècle, les naturalistes locaux, qui connaissent bien les tatous vivants et se concentrent sur leur classification, commencent à penser que certains fragments fossiles énigmatiques pourraient être des restes de la carapace du Mégathérium, qu’ils imaginent comme une sorte de tatou géant. En 1836, une planche de Geology and Mineralogy considered with reference to Natural Theology de l’anglais William Buckland (1784-1856) résume bien leurs spéculations. Des fragments fossilisés y sont associés au squelette de Madrid et à deux tatous vivants.

 

En 1839 toutefois, à partir d’un dessin schématique de cette carapace fossile et d’une dent, l’anatomiste anglais Richard Owen (1804-1892) conclut que les fragments ne peuvent appartenir au Mégathérium. Il fait l’hypothèse d’un nouveau genre, qu’il nomme Glyptodon. À partir de ce moment, cet animal étonnant devient, avec le Mégathérium, une des pièces maîtresses des collections paléontologiques mondiales et l’Argentine et l’Uruguay des fournisseurs majeurs de spécimens pour les grands musées. Sur place, les musées publics mettent progressivement en scène l’importance de la paléontologie comme science nationale. C’est le cas par exemple au Musée de La Plata, fondé en 1884.

« Los gliptodontes del Museo Pùblico », Burgmeister, 1864. source, Author provided 

À la fin du XIXe siècle, le tatou entre aussi dans les laboratoires de biologie. Des tentatives ont été faites pour l’utiliser dans les Amériques, car son taux de reproduction est aussi élevé que celui de certains rongeurs comme le rat. Des études nouvelles portent aussi sur l’embryologie, car certaines espèces ont pour particularité de donner naissance à des jumeaux. De nos jours, le tatou fait l’objet de recherches en biomimétisme. La structure de sa carapace intéresse les spécialistes des matériaux.

Des Amériques jusqu’en Europe, des cabinets de curiosité aux musées modernes de sciences naturelles, de la systématique à la paléontologie en passant par l’embryologie et la science contemporaine des matériaux, le tatou a beaucoup voyagé. Arrivés au terme de ce périple, nous espérons avoir montré tout l’intérêt qu’il y a à étudier les itinéraires des objets présents dans les musées de science, en prêtant attention aux spécimens, aux étiquettes anciennes et aux archives.

Ces recherches sont utiles pour les historiens, pour les musées, mais aussi pour les biologistes ou les paléontologues qui ont besoin de savoir comment des spécimens anciens qu’ils réétudient actuellement sont parvenus jusqu’à nous. Toutes ces perspectives sont au cœur des recherches réalisées dans le cadre du projet européen SciCoMove.

 

Auteures :
Nathalie Richard - Enseignante-chercheure en histoire des sciences à Le Mans Université | Laboratoire TEMOS (Temps, Mondes, Sociétés - CNRS UMR 9016)
Irina Podgorny - Chercheure invitée | Institut Max-Planck d'histoire des sciences (Berlin)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.
Lire l’article original.

TEMOS - Temps, Mondes, Sociétés - UMR CNRS 9016

La recherche en histoire permet d'éclairer le présent à la lumière du passé, à partir de sources souvent inédites, qu'elles soient archéologiques, manuscrites ou orales.

Les thèmes de réflexion privilégiés au TEMOS couvrent toutes les périodes, de l'antiquité au temps présent et font écho à plusieurs défis actuels. L'enfance et le genre, les coexistences et conflits (sociaux, politiques, religieux et confessionnels) ou encore la construction des savoirs sont au cœur des travaux des enseignants-chercheurs, dans un dialogue constant avec les enjeux contemporains.

 

120 personnes dont :
55 chercheurs et enseignants-chercheurs | 13 au Mans
60 doctorants | 10 au Mans
6 personnels administratifs et techniques | 2 au Mans

 

Partenariats
Le laboratoire TEMOS collabore avec de nombreuses universités en France et à l'étranger (Sheffield, Buenos Aires, Agadir, etc.) et plusieurs unités de recherche des domaines sciences sociales et lettres et langues. L'expertise de l’équipe est mise au service des collectivités locales (région Pays de la Loire, conseil départemental), du tissu associatif et des institutions culturelles.

 

Un lien constant à l'enseignement dès la licence (formation à et par la recherche)
Une forte inscription territoriale, notamment en lien avec les acteurs du patrimoine.

 

CNRS UMR 9016
Directeur : Yves Denéchère (Université d’Angers)
Responsable du site du Mans : Nathalie Richard | Nathalie.Richard @ univ-lemans.fr

Plus d'infos :
Consulter le site web du TEMOS

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